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LE CARNAVAL ARRIVE, TOUS DANS LES RUES !

arton1475Depuis son invention il y a 2000 ans, de l’Antiquité en passant par la Belle Époque, le carnaval a évolué au fil du temps.

Les manifestations sont spécifiques à chaque civilisation, mais on conserve cette notion de bouleversement des rôles et des statuts sociaux.

 

Ce concept a servi les classes sociales ou les peuples oppressés et revendicatifs. C’était l’occasion d’exprimer les frustrations et la colère parfois ancestrales. Une fois l’an, presque tout est permis !

La dérision envers soi même ou envers d’autres, du présent ou du passé, est l’un des fondements du carnaval.

Défoulement, couleurs, festival, explosion ! Chaque dimanche depuis l’épiphanie jusqu’au mercredi des cendres, les groupes carnavalesques « déboulent » dans les rues pour le plus grand plaisir de tous.

Les « Mas » (les Masques, ou déguisements)

Les préparatifs sont importants et bien orchestrés : le « thème » du carnaval est choisi par les fédérations du carnaval, chaque île a son comité.

Puis les groupes s’organisent : ils conçoivent leurs costumes et les fabriquent avec soin.

Traditionnellement, les esclaves utilisaient le carnaval pour pratiquer les rites religieux ancestraux qui étaient interdits par l’autorité catholique de l’époque.

Les masques étaient alors ceux de divinités africaines ou des tribus d’origine, et les cérémonies initiatiques et d’exorcisme étaient pratiquées.

Aujourd’hui le Masque ou « Mas » a perdu son caractère sacré mais la référence historique est vivante et les émotions vécues sont réelles.

Le « Mas » selon la conception africaine du terme désigne l’ensemble des éléments dont se recouvre la personne de la tête aux pieds, contrairement à la conception occidentale qui renvoie au visage. Une personne qui entre dans un « Mas » perd en quelque sorte sa personnalité, elle devient le Masque, « Mofwazé an Mas » (l’Esprit du Mas).

Selon la tradition, les « Mas » sont faits de jute, de toile de bananier et autres matières naturelles. Certains groupes (Voukoum, Basse Terre) ont gardé leur attachement à la tradition.

Les sacs ou tissus de jute sont transformés en costumes, les serpillières portugaises font office de cheveux, les journaux (en noir et blanc) sont découpés en lanières pour fabriquer l’impressionnant « Mas a fwèt » (Masque à Fouet), les « boutou » (branche d’arbre) et les coquillages ou racines sont la touche finale du « Mas » traditionnel.

La peinture recouvre les mains, le visage ou les parties du corps laissé à la vue par le Mas, par exemple de la peinture bleue pour le « Mas tirayè Sénégal » (Masque des tirailleurs sénégalais).

Parfois d’autres matières sont utilisées selon le jour ou le thème : farine pour le « Mas a man ibè » (Masque de Dame Hubert) , huile de table et roucou pour le « Mas a Roukou » (Masque à Roucou), mélasse de canne à sucre, sirop de batterie et suie pour le « Mas a kongo ».

Par ailleurs, modernité oblige, certains groupes (Waka, Basse-Terre) défilent en tenues d’apparat, rappelant un peu le carnaval brésilien ou italien.

Ils choisissent alors des matières plus contemporaines, voire dernier cri ! Ils utilisent pour la fabrication des costumes des matériaux modernes comme le lurex, le satin, le lycra pailleté, et même un tissu papier hologramme doré/argenté qui change de couleur !

Mélange de modernité et de tradition, le carnaval antillais surprend par sa force et sa diversité.

Les instruments

Cuivres et caisses de batterie ou tambou a po (tambour à peau) ? L’éventail des styles et résonances au carnaval des Antilles françaises est assez large pour que tout le monde y trouve son plaisir.

Martinique Le tambour traditionnel (fût de bois, peau naturelle) est devenu rare en Martinique, contrairement à la Guadeloupe, et on y retrouve plutôt des tambours à caisse claire ou des tom de batterie, voire des barils en plastique pour les basses.

Le ti-bwa (deux baguettes) vient frapper un bambou ou le fût du tambour.

En Guadeloupe, la musique des défilés est produite à partir d’objets de récupération : bidons en plastique frappés avec un bâton à l’extrémité rembourrée de tissu et de caoutchouc, calebasse garnie de graines de réglisse pour le chacha, bois-bambou, conques de lambi ; on entend aussi les sifflets, le Tiyo bambou (tuyau de bambou), le Siyak Tanbouras (tambour plat et rond) et le fouet qui ne claque pas les rues de Martinique.

Se succèdent dans les défilés les groupes à cuivre, qui utilisent des caisses claires entre autres, les groupes à peau avec leurs fouets et leurs tambours couverts de peau de cabris et les groupes synthétiseurs, plus modernes.

Les défilés

Tous les dimanches

En attendant les jours gras pendant lesquels la fête culmine, les groupes défilent le dimanche et on assiste alors à un déballage de couleurs, les thèmes et costumes sont variés selon les groupes.

Entre la Martinique et la Guadeloupe, on observe quelques différences dans les défilés.

En Martinique, le « Bwadjak » (vieilles voitures maquillées) surprendra encore cette année la foule, les jeunes paradent dans de vieilles voitures maquillées qui font office de chars tout à fait remarquables !

La participation libre et spontanée du public caractérise le carnaval martiniquais, le peuple défile en tenue affriolante ou exubérante en même temps que les groupes organisés.

Un mas récent, celui des « hommes d’argiles » (ils enduisent leur corps de terre), est « né » en 2000 aux Trois Ilets, berceau de la poterie artisanale.

En Guadeloupe, le « Mas a Te é Feyaj » (Masque d’argile et de feuillage) lui ressemble. Les feuilles de bananier séchées recouvrent le personnage de « Marian lapofig » qui tournoie lors des défilés en Martinique et qui, en Guadeloupe, se nomme le « Mas a con’n » (Masque à cornes).

Les manifestations annexes

De multiples manifestations de tout genre animent la période du carnaval.

L’élection des Reines est pratiquée sur toutes les îles, et même dans chaque commune.

Les Mini-Reines sont élues à St Martin et en Martinique, mais aussi la Reine Mère.

Particularité martiniquaise, l’élection des « Rois de la Sape » désigne les messieurs les plus élégants…

PETIT PANORAMA DES TRADITIONS

GUYANE

Le touloulou est la reine du carnaval. Ce personnage représente les femmes bourgeoises des 18ème et 19ème siècles. C’est une dame habillée de manière élégante de la tête aux pieds.

Ce sont normalement des femmes dont on ne voit pas une once de peau. Elle porte un jupon, une cagoule, un loup et des longs gants. Pour ne pas être reconnues, les femmes vont jusqu’à mettre des lentilles colorées, des perruques et camoufler leur voix. Ils défilent dans la rue et participent aux bals masqués.

Dans les boîtes de nuit, rebaptisées à l’occasion « universités », ce sont les touloulous qui invitent les hommes à danser. Ils ne peuvent refuser.

SXM

Dans la partie française de l’île, les festivités carnavalesques débutent le dimanche de l’Epiphanie pour prendre fin le mercredi des Cendres.

Pendant cette période, il n’est pas rare de voir des enfants déguisés, « mendiant » des bonbons auprès des automobilistes. En soirée, des concerts sont organisés rassemblant des artistes locaux.

Le dernier jour, diablesses et diables défilent dans les rues sur une musique de tam-tams. Quand vient la fin de la journée, Vaval, le Roi du Carnaval (appelé localement Bois-Bois), est brûlé avant d’être jeté à la mer sous les cris de la foule. Au mois d’avril, la partie hollandaise de l’île de Saint-Martin fête à son tour le Carnaval.

CARNAVAL DE ST BARTH

Les festivités du Carnaval commencent dès le Dimanche de l’Epiphanie. Les groupes s’afférent à la construction de leurs chars et à la réalisation de leurs costumes.


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