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PITT A COQS

Que ce soit aux Antilles, en Asie ou même en Europe, les combats de coqs ont toujours suscité toutes sortes de réactions. De la passion pour certains à un sentiment de barbarie pour d’autres, ils constituent encore de nos jours un sujet de société délicat. Mais que savons-nous au juste de cette pratique ?

 

Nous la retrouvons à travers le monde, avec bien sûr quelques variantes, mais l’essence est toujours la même. Un combat rapide et violent pendant lequel s’affronte deux coqs dans une arène appelée également gallodrome ou pitt.

On retrouve ses origines en Inde, sur les bords de l’Indus il y a plus de cinquante siècles ! À l’époque il s’agit de l’ancêtre de tous les coqs : le « Gallus-Gallus » que les hommes sédentarisés domestiqueront. La pratique de la domestication et des combats de coqs s’étendra alors à la Grèce et donc à l’Europe. Puis les Anglais l’exporteront aux Amériques. Mais il faudra attendre les Espagnols, dès le XVII è siècle, pour que le coq fasse son apparition aux Antilles.

Véritable institution aux Antilles, les combats de coqs représentent un élément essentiel du patrimoine antillais. Les combats se déroulent dans des lieux appelés « Pitts ». Au nombre de 200 dans les Antilles Françaises, ces Pitts sont des arènes rustiques surplombées de gradins et rassemblant un grand nombre d’amateurs et de touristes.

Chaque propriétaire prépare ses « athlètes » de manière bien précise et avec ses petits secrets ! Les coqs sont entraînés rigoureusement, massés avec une solution à base de rhum et participent à des « combats d ‘essai » avant d’êtres sélectionnés pour la saison. Ils peuvent aussi subir de nombreuses modifications de la part de leur entraîneur comme l’ablation de la crête, le rasage des plumes du cou et de l’arrière des pattes, et il n’est pas rare de trouver des coqs « dopés » avec certaines vitamines ! Sans oublier, bien sûr l’ergot en acier que l’on fixe, en Guadeloupe, sur le cinquième ergot. Certains y verront une pratique cruelle, d’autres préfèreront penser qu’elle permet des coupures nettes et réduites, limitant ainsi les effusions de sang et les infections.

En Martinique, on utilisera un ergot naturel ou un ergot pris sur un coq mort. Le rajout de l’ergot est une pratique qui suscite aujourd’hui de nombreuses réactions, illustrant à merveille les prises de position parfois extrêmes liées à ces combats ! Bien qu’il ne s’agisse pas d’une mise à mort, il n’est pas rare que l’un des deux coqs y perde la vie suite à de nombreux assauts. Mais comment connaître le vainqueur s’il n’y a pas de mise à mort ? C’est simple, les règles sont précises et stipulent qu’un coq qui restera couché pendant plusieurs minutes sera déclaré vaincu. Il en va de même pour le coq qui prendra la fuite ! Il bénéficiera néanmoins d’une seconde chance face à son adversaire, mais s’il décide de fuir à nouveau, alors il sera vaincu !

Le combat peut donc ne durer que quelques minutes, mais il règne dans le Pitt une grande effervescence. Bien entendu, ces combats s’accompagnent de paris où de grosses sommes d’argent peuvent être gagnées…ou perdues ! L’argent est versé directement après chaque combat laissant ainsi place à un nouveau combat et à de nouveaux paris.

Quelle que soit notre position par rapport à cette pratique, on ne peut s’empêcher de se demander ce qui a bien pu nous pousser, nous humains, à organiser de tels combats ! Et bien, il faut remonter à l’époque où l’homme s’est sédentarisé ! À cette époque, la domestication des volailles allait lui fournir un moyen de subvenir à certains de ses besoins, grâce à l’apport en œufs et en viande. Mais d’une autre manière, que l’on pourrait trouver surprenante de nos jours, l’homme sédentarisé alla jusqu’à s’identifier à cette volaille. Pour lui les ressemblances sont nombreuses : Ils sont tous les deux bipèdes, aiment les céréales tout en étant omnivores, présentent un dimorphisme sexuel bien marqué, défendent leur “famille” contre les prédateurs et enfin combattent avec les représentants du même sexe pour s’approprier un territoire et une ou deux femelles ! Cela peut paraître troublant, mais ces points communs sont bien réels. Les combats de coqs deviennent alors un moyen de régler des conflits humains sans prendre le risque de blesser un membre de la communauté. Tous peuvent ainsi s’affronter par l’intermédiaire de leurs coqs, quels que soient l’âge ou la force physique. Une façon assez originale d’exprimer son agressivité sans pour autant nuire à la communauté !

De nos jours, s’il peut sembler difficile pour certains de justifier de la sorte ces combats de coqs, il faut bien admettre que certains traits demeurent. Cela pourrait d’ailleurs expliquer quelques expressions encore bien présentes actuellement. Comme par exemple, « faire le coq ! »

ENGLISH VERSION

Cockfights have been existing throughout the world for thousands of years. Originally from India, they slowly made their way to Europe, America and the Caribbean, where roosters were first brought by the Spaniards. Now illegal in many places, they remain a tradition firmly rooted in the Caribbean culture since the French West Indies hold about 200 « Pitts à Coqs ».

The Pitts are still very rustic places of arena, where fans and tourists can gather out of curiosity or to bet some money. Bets are taken before each fight and paid off right after the outcome. The cocks (roosters) who compete in these fights are real athletes, pampered, trained and massaged with herbs and sometimes Rum by owners specialized in fighting cocks. They often participate in « trial fights » before being selected for real fights. Once ready they will be armed in Guadeloupe with an extremely sharp steel spur attached to their 5th spur. In Martinique, owners will prefer a natural one. Some see in this practice an act of cruelty, while others maintain that steel spurs make cleaner cuts thus limitating the risks of infection and bloodsheds. Sometimes the fights only last a few minutes, and although it is not a deliberate killing, some roosters often die. However, the rules are simple and quite clear. If a cock remains on the ground for a few minutes or choose to run away he loses !

The atmosphere in the pitts is definitely seething and one can wonder what pushed the human being to organize cockfights. Well, let’s go back to the period where men started settling down and domesticating poultries. They saw them as « meat and egg » providers and even started identifying themselves with roosters, finding in both species many common points. Cockfights thus became a way for the community to solve conflicts without taking the risks to injure a member of the community.

Everybody could « fight » regardless of the age or physical condition ! A perfect way to express one’s anger without causing too many damages to the community ! As for the common points between humans and roosters…they are more numerous than we think !


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