LES TRADITIONS DE NOËL
Aux Antilles, chaque île fête Noël à sa façon. Chacune à ses traditions culinaires et certains breuvages sont spécialement préparés en vue de la fin d’année. On se retrouve en famille chez les uns et les autres pour les chanté nwel et les dégustations des plats traditionnels.
• Les traditions de Noël.
Les rhums
Le rhum est la boisson qui sert à préparer les différents punchs servis pour les fêtes. Il ne suffit pas de mettre tous les ingrédients dans une grande dame-jeanne et de laisser reposer. Pour que le cocktail soit habillé de paillettes d’or, il faut une longue macération au soleil et au moins deux pleines lunes en exposition. En Guadeloupe et Martinique, le Schrubb, macération dans des écorces d’agrumes et d’épices est de mise. Le Guavaberry se prépare avec de petites cerises à Saint Martin. Quant à Saint Barth, le rhum se boit à la vanille.
Les plats traditionnels de fin d’année
Après avoir savouré le rhum à petites gorgées, on apporte sur la table la grande soupière de soupe aux pois d’angole agrémentée de quelques morceaux de viande salée qui apporte un fumet incontestable de fêtes. Puis viennent les plats de résistance qualifiés « pur porc ». Le cochon s’est transformé en boudin, pâté et ragoût. Le jambon aux arômes de vieux rhum et le sucre de canne est aussi de la fête. Ici, comme partout ailleurs, c’est la fête des enfants et l’invitation à la gourmandise. Par tradition, à St-Barth, on retrouve les « tchek », des galettes faites de noix de coco râpée qu’on mélange à du sucre de canne moulu (type cassonade) et qu’on parfume à la cannelle en poudre. Mais le clou de la fête demeure le « pône », un pain composé de patates douces, de giraumon (potiron local), de sucre, de vanille, de raisins, de cannelle, le tout enduit de bon beurre et doré au four. En Guadeloupe et Martinique, la farandole des douceurs prévoit un blanc-manger au lait de coco, un quatre-quarts, des chadecs confits, ces pamplemousses géants à l’écorce encore verte, et des fruits-pays. Encore aujourd’hui, en Guadeloupe, on prépare, dans certaines familles, pour cette occasion le sirop de groseilles pour accompagner le gâteau, parfumer une boisson glacée, etc.
Chacun sa tradition
En Guadeloupe et Martinique, on passe de maison en maison pour le chanté Nwel, le tout arrosé du Scrubb, accompagné du repas traditionnel et des acras de morue, des boudins créoles, pâtés…. A Saint Martin le concours de la plus belle maison illuminée offre au gagnant un an d’électricité gratuite. La baie de Saint Barth est le lieu où se rassemble la jet set sur les plus beaux yachts du monde. La messe de minuit réunis tout le monde la nuit du 25 décembre.
Les Contes : Fab Lafontèn Il existe une tradition assez fournie de fables créoles imitées de Jean de la Fontaine. Les toutes premières furent composées en 1820, par la plume de la François Chrestien (Ile Maurice) sous le titre « Les essais d’un bobre africain, » Un autre recueil signé Louis Héry (La Réunion), paraît en 1828 sous la dénomination de « Fables créoles » L’étape suivante fût la parution en 1846 du recueil de F. A. Marbot (Martinique) intitulé Fables de la Fontaine, travesties en patois créole par un vieux commandeur« . En 1901, Georges Sylvain (Haïti) fait paraître »Cric ? Crac ! Fables de La Fontaine racontées par un montagnard haïtien et transcrites en vers créoles". Aujourd’hui, nous disposons d’une remarquable panoplie de contes et de bandes dessinées en créole. Tous les férus de bandes dessinées pourront s’esclaffer sur les lignes de Tintin, Astérix ou Titeuf en créole édité par Caraibéditions. Cet éditeur est d’ailleurs le premier a lancé le premier maga antillais : « les îles du vent ». Et bien sur, notre fidèle compère Gabourg dont la renommée n’est plus à faire, nous enchante avec son humour et sa poésie. Pour les fêtes, il nous emmène en voyage à Paris avec les Man’kou.



