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BOEUFS et CABRIS

arton889L’agriculture fait partie intégrante de notre culture, cela en Martinique comme en Guadeloupe. Le transport de celle-ci n’était pas chose aisée et c’est pour cela que les ouvriers ont trouvés des adjuvants que sont les mulets à Madinina, les bœufs et les cabris sur l’île sœur Karukéra. Tout ceci avant l’arrivée des machines même si cela subsiste encore. Ce mois-ci, nous nous intéressons aux bœufs et aux cabris.

 

 

 

Penchons-nous sur la race bovine créole et ses spécificités.

Comme l’antillais, le bœuf créole (bos bovis en latin) est le fruit d’un métissage. Même si la domestication du bœuf a commencé vers le VIIè s. av. J-C, ce n’est qu’avec l’arrivée de Christophe Colomb que les premiers bovins d’origine ibérique vont faire leur apparition sur nos îles.

Le métissage s’effectuera tout au long de la colonisation surtout au XVIIIè s. avec la contribution de bovins d’Afrique de l’Ouest, de bovins issus des colonies anglaises d’Amérique du Nord, de taurins européens et de zébus indiens. De plus, les conditions d’élevage au grand air du climat tropical combiné à l’isolement géographique donne tout son caractère rustique et singulier à la race bovine créole.

Pour les cabris, cela ressemble beaucoup à ce qui se passe pour les bœufs. En effet, cette race particulière est issue d’un mélange de type européen, africain et indien. On le trouve habillé essentiellement d’une robe noire même si l’on peut en voir de couleur fauve, grise ou noire.

C’est au cours des acheminements de la canne à sucre, que les courses sont nées pour devenir des concours de bœufs tirants.

- BOEUFS et CABRIS TIRANTS

Généralement, au mois d’avril on pense : poisson d’avril Les poissons, les crabes, les bœufs et les cabris sont à l’honneur aux Antilles. Petit clin d’œil aux bœufs et cabris tirants.

- BOEUFS TIRANTS

Cette discipline est spécifique à l’île de la Guadeloupe. Elle a été créée en 1979 par le biais de l’association ASEBC, association pour la sauvegarde des bœufs créoles. Durant chaque saison, d’avril à décembre, chaque club doit organiser au moins 2 courses.

Avant la compétition, il faut mettre les athlètes (bœufs) en condition : régime et entraînement digne de sportifs de haut niveau, soit 1 à 3h de soins quotidiens (de quoi rendre les époux et épouses des participants jaloux !) Ils sont nourris à l’eau, l’herbe et aux vitamines. Ensuite, leur programme se compose de décrassage matinal, galop sur le sable des plages, bain de mer, friction, massage, courses de fond (un peu plus et l’on voudrait être un bœuf !..) Déjà avantagé génétiquement car le bœuf créole est très résistant notamment aux tiques et aux maladies qu’elles transmettent, cet entretien les rend encore plus fort !

Mais comment se déroulent ces épreuves de bœufs tirants ? La course se conçoit en l’ascension d’une pente (aujourd’hui d’une pente courbée pour plus de spectacle) de 100 à 200m délimitée par des piquets de bois, par un attelage de 2 bœufs aux noms souvent folkloriques tels que Zéklè (éclair), Alizé (alizé), Siman (Ciment).

L’attelage est attaché à une charrette remplie d’1 à 2 tonnes en fonction de la catégorie des animaux. Il existe 5 catégories (minimes, cadet, C, B et A). Le dispositif est conduit par un chauffeur et accompagné par 2 korè (coreur) chargés de bloquer (koré) la charrette à chaque avancée pour qu’elle ne redescende pas. Le chauffeur crie « Chiche » ou « Tchoulé » pour aller à gauche ou à droite « Dèyè » pour reculer et « An nou » pour avancer.

 

Petites règles à respecter...

- Le chauffeur n’a droit qu’à 12 coups de fouets. Au 13è, la charrette est immobilisée et seule la distance parcourue est prise en compte pour le final.

- Au cours de la montée, si la charrette touche un poteau, le chauffeur doit descendre, prendre une masse et frapper le poteau 2 fois, si il se casse il doit le remplacer. Belle pénalité, n’est-ce pas ?

- Le chauffeur ne peut être changé sauf en cas de blessure.

L’on reconnaît un bon chauffeur à celui qui sait faire progresser ses bœufs en les encourageant sans les insulter.

Cette manifestation met en valeur la complicité entre le maître ou la maîtresse (11% de femmes) et ses animaux, et surtout la culture locale. La tradition semble être porteuse d’avenir car on peut compter 38% de jeunes participants entre 18 et 30 ans.

La preuve en est car le calendrier est disponible au CTIG et elle est soutenue par les collectivités tels que le Conseil Général et le Conseil Régional qui attribue chacun un prix à la fin de la saison en décembre.

- CABRIS (CAPRINS) TIRANTS

L’ACS et le SIEV de Petit-Bourg sont les associations référentes en matières de course de cabris. Ces manifestations existent depuis 12 ans maintenant.

Dans ce championnat, on recense 4 catégories. La course s’opère sur une pente ou une piste parsemée de mottes de terre avec un attelage de deux caprins attaché à une charrette avec des poids.

Le maître les guide à l’aide d’un fouet et de la bride.

La saison commence en avril et s’achève en décembre avec des temps forts pendant les grandes vacances.

Alors en avril « pa fè dèyè : an nou ay gadé sé kous a bèt la ! » (Ne reculons pas, allons regarder les animaux tirants)


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