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Hommage à Aimé Cesaire

aimecesaireUn père, le « nègre fondamental »

Rendons hommage à Césaire, ce grand homme, à qui nous devons dire merci, d’avoir tant lutté pour faire reconnaître l’identité antillaise comme une identité à part entière.




 

 

Poète et homme politique d’origine martiniquaise, c’est du haut de ses 94 ans, qu’il nous a laissés,un 17 avril 2008, orphelins mais riches de par ce qu’il nous a légué : le goût pour la culture.

Aimé Césaire est issu d’une famille de 7 enfants élevés par un père fonctionnaire et une mère couturière. Tout de suite, il a montré son excellence car il obtient son baccalauréat avec le « Prix de l’élève le plus méritant ». Ainsi il s’envole pour Paris en 1931 en tant que boursier du gouvernement et intègre hypokhâgne au Lycée Louis-le-Grand. Il y rencontre un de ses plus fidèles amis : Léopold Sédar Senghor.

Il ne faisait pas qu’étudier assis derrière un bureau, mais il se cultivait. En effet, c’est en côtoyant des jeunes africains, notamment au salon littéraire de Paulette Nardal (première martiniquaise à étudier à la Sorbonne), qu’il découvre la partie africaine de son être. C’est le commencement d’une floraison de revues, livres, poèmes et essais.

Insulté un jour de 1934 dans la rue par un passant qui l’interpelle de manière condescendante : « Eh, petit nègre ! », Césaire décide de fonder avec le Guyanais Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien et les Sénégalais Senghor et Diop, un journal, L’Étudiant noir, laboratoire des engagements à venir, où apparaît pour la première fois le concept de « négritude »(n°56 du Tam Tam Mag), un terme repris en flambeau pour faire face la tête haute.

Ce mouvement de pensée veut rejeter le projet français d’assimilation culturelle et veut promouvoir l’Afrique ainsi que sa culture. Ce mouvement se poursuit et se retrouve dans le célèbre « Cahier d’un retour au pays natal » qu’il commence à rédiger à près avoir réussi son concours pour l’Ecole Normale Supérieure.

Son combat culturel se poursuit quand il retourne, marié à la martiniquaise Suzanne Roussi, en Martinique. Soutenus par des intellectuels d’origines diverses, le couple Césaire fonde le périodique « Tropiques », dont le projet est la réappropriation par les Martiniquais de leur patrimoine culturel. Il paraît difficilement faute d’argent mais surtout face à la censure de l’Amiral Robert sous le régime répressif de Vichy.

Surnommé le « nègre fondamental », il influence divers auteurs tels que Frantz Fanon, Edouard Glissant, Daniel Maximin et bien d’autres. Les auteurs africains aussi l’apprécient beaucoup et s’en inspirent par rapport à la lutte contre la colonisation et l’acculturation.

Sa lutte n’est pas que culturelle mais aussi politique car en 1945 il devient le maire de Fort-de-France. On retiendra essentiellement de son mandat sa volonté d’endiguer les inégalités. D’une part contribuera, dans un contexte économique de crise où l’industrie sucrière est au plus mal, à la création de nombreux emplois dans les mairies. D’autre part, il militera afin que la Martinique obtienne la départementalisation.

Conscient du rôle de la départementalisation comme réparation des dégâts de la colonisation, Aimé Césaire est tout aussi conscient du danger d’aliénation culturelle qui menace les Martiniquais. La préservation et le développement de la culture martiniquaise seront dès lors ses priorités.

Par la suite, il publiera son « Discours sur le colonialisme ». Il y critique le comportement de L’Europe vis-à-vis de l’Afrique et de ses enfants. Il déplore le mal, la souffrance que les européens ont affligée à leurs frères. Surtout que cela ne visait qu’à parvenir à assouvir leur soif de pouvoir et d’argent... Ce texte vif et poignant a été proposé au baccalauréat en 1998.

Hormis le combat pour l’autonomie, il mène une forte politique culturelle. Effectivement, c’est grâce à lui que les premiers festivals annuels de Fort-de-France ont vu le jour en 1972. On lui doit aussi le Parc Floral de Fort-de-France.

Au total il a publié plus de quatorze œuvres, recueils des poésies, pièces de théâtre et essais. Son œuvre a été traduite dans de nombreuses langues : anglais, espagnol, allemand, etc…

Regarder le siècle en face… tel fut son programme. L’intitulé de l’exposition consacrée à Aimé Césaire à l’Unesco en 1998disait “l’engagement d’un homme qui ne cessa de questionner ses contemporains.”

Cet homme peut-être petit de taille mais grand en son âme et en son esprit, n’a jamais cessé de lutter tant qu’en 2005 il refuse de recevoir Mr. Sarkozy par rapport à la loi du 23 février 2005. Il a voulu marquer par là son désaccord profond avec l’article voulant montrer les soi-disant aspects positifs du colonialisme. La protestation fut si grande tant au niveau des politiques, des intellectuels que de la population française que cet article fut abrogé. Ainsi, il reçu notre actuel président en 2006 même si il a soutenu Ségolène Royal en 2007.

Tout au long de sa vie, il s’est battu pour la culture, pour l’identité noire. Tel un père à son enfant, il nous a incités à faire grandir notre esprit afin que nous soyons des hommes fiers.

Bonne fête des Pères surtout à celui qu’on a tant Aimé : Césaire...

 



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